Camargue, Crau et Alpilles ****

La Camargue, vaste région de marais qui couvre l'ancien delta du Rhône, a depuis fort longtemps obtenu une réputation internationale pour son intérêt ornithologique majeur. L'homme a remodelé son paysage et seule une partie de son territoire a su conserver son aspect original, le reste étant exploité soit en zone touristique, soit en rizières, soit en marais salants ou soit en marais de chasse. Il en résulte que la Camargue n'est pas uniformément intéressantes pour l'ornithologue et celui qui s'y rend pour la première fois sans informations précisises sur les secteurs à visiter en priorité risque fort d'être déçu et de quitter les lieux avec pour seuls souvenirs les classiques flamants roses.

 

1 - Les Saintes-Maries-de-la-Mer, Pont-de-Gau, l'étang des Impériaux & la Digue à la Mer constitutent la partie la plus touristique de la Camargue où convergent les amoureux des ballades à chevaux. C'est, ornithologiquement, le secteur le moins intéressant même si la plupart des oiseaux vedettes peuvent y être observés : flamant rose, héron gardeboeuf, aigrette garzette et busard des roseaux. Le seul parcours vraiment intéressant est la digue à la mer que l'on peut suivre à pied en laissant sa voiture dans le village des Saintes-Maries. Mieux vaut s'y promener hors saison touristique ! Ne vous contentez pas d'observer côté Vaccarès mais également côté Méditerranée où des fous de Bassan, des petits pingouins ou des sternes sont toujours visibles selon les saisons.

2 - Les marais de Basses-Méjanes, Méjanes, le Paty de la Trinité, le Paty de Gouyère & le Mas d'Agon forment un secteur de marais inondés en hiver et assêchés en été, situés dans la partie ouest de la Camargue. Nous sommes encore dans la zone touristique de la Camargue où viennent ceux qui souhaitent découvrir une Camargue un peu plus sauvage qu'aux Saintes-Maries. Cette partie du delta est surtout intéressante en hiver, notamment au niveau des marais de Basses-Méjanes qui accueillent de nombreux oiseaux dont les cygnes de Bewick et les grandes aigrettes de plus en plus nombreuses chaque année. En période de reproduction, les guêpiers, et parfois le rollier, viennent se percher sur les fils électriques qui bordent les routes. Hérons gardeboeufs et pourprés, aigrettes garzettes, huppes fasciées, échasses blanches, avocettes élégantes, panures à moustaches, luscinioles à moustaches et cisticoles des joncs sont omniprésents alors que le crabier chevelu, la grande aigrette, l'ibis falcinelle et la rare glaréole à collier y font de plus exceptionnelles apparitions.

3 - Le Vaccarès est le plan d'eau le plus important de Camargue et, grâce à son statut de réserve naturelle (gérée par la SNPN), offre en hiver aux nombreux oiseaux d'eau, une zone de quiétude diurne pour les oiseaux d'eau. Malheureusement pour l'ornithologue,ce vaste étang, à cause des immenses roselières qui le bordent, n'offre guère de points d'observation et génère un sentiment de frustration chez le naturaliste découvrant le site pour la première fois. Hormis quelques points de vue au sud du domaine de Méjanes et depuis un observatoire installé au sud du Mas d'Agon sur le bord de la D37, l'endroit le plus intéressant se situe au nord-est de l'étang, le long de la D36b (point n°3 sur la carte), juste avant le domaine de la Capelière. Même si vous n'obtiendrez pas une vue dégagée sur le Vaccarès, vous pourrez effectuer de sympathiques observations de flamants roses et surtout de canards (milouins, morillons, nettes rousses, parfois nyroca) et de grèbes à cou noir en hiver.

4 - La Capelière est le siège de la S.N.P.N. (Société Nationale de Protection de la Nature) gestionnaire de la réserve naturelle de Camargue que vous pouvez visiter et où vous obtiendrez un maximum de renseignements sur les oiseaux intéressants du moment. Autour des batiments se trouvent plusieurs plans d'eau reliés par un chemin de découverte et équipés d'observatoires. Vous y ferez d'inoubliables observations d'aigrettes garzettes distantes de quelques mètres de vous seulement, de sarcelles d'hiver, de panures à moustaches et, pour les plus chanceux, de butors étoilés. Plusieurs espèces très rares comme l'aigrette des récifs et le fuligule à tête noire y ont été observées.

5 - Le marais de Grenouillet est situé juste au nord du domaine scientifique de la Tour du Valat (interdit d'accès). Pour y accéder, continuer la route vers le sud à partir de la Capelière et prendre la première route à gauche (vers l'est) au niveau de Fiélouse. Le marais se trouve au nord de cette route à un kilomètre du carrefour. C'est un edroit intéressant pour les ardéidés et pour les guifettes. L'aigle criard y est régulier en hiver.

6 - Le Salin de Badon : en reprenant la D36b vers le sud, vous arriverez à la hauteur du Salin de Badon qui se trouve sur votre droite (à l'ouest). Un observatoire y est aménagé et offre une vue sur le site évitant tout dérangement des oiseaux. Cet endroit est intéressant pour les limicoles.

7 - L'étang du Fangassier se situe nettement plus au sud, dans le secteur des marais salants. Enconitnuant la D36b, il faut tourner à droite (vers l'ouest) et laisser votre voitire à quelques kilomètres du Fangassier (l'accès au parking d'accueil est momentanément barré)( ATTENTION AUX VOLS DANS LES VOITURES - NE LAISSEZ RIEN EN VUE ). L'intérêt principal de cet étang est qu'il abrite l'unique colonie française de flamants roses. Là aussi, un observatoire permet d'éviter tout dérangement de la colonie.

8 - La digue à la mer , accessible uniquement à pied, permet, pour les plus courageux, de rejoindre les Saintes-Maries. Elle offre également une vue sur la Méditerranée (oiseaux de mer) et sur le Vaccarès (flamants roses, limicoles, tadornes, laridés,...).

9 - Le vieux Rhône et le Grau de la Dent ne sont pas accessibles en voiture (accès interdit). Si vous souhaitez y aller à pied, mieux vaut vous munir d'une carte topographique au 1/25000ème afin de ne pas vous perdre dans le dédale de marais salants. Ce secteur est intéressant pour les limicoles et les laridés mais aussi pour la migration des passereaux au printemps qui se reposent sur le front de mer après leur éprouvante traversée de la Méditerranée.

10 - Le salin de Badon, la baisse de 500 francs, le They de Ste-Ursule, la Baisse de Quenin, le Grau du Piémanson, la Pallissade et la plage d'Arles est un secteur de marais salants facilement accessible par la commune de Salin-de-Giraud à l'est de la Camargue. Vous pouvez également y parvenir via le Fangassier et le Grau de la Dent en longeant les pistes bordant les marais salants (respectez les interdictions de circulation). Tous ces secteurs sont très favorables à l'observation des limicoles et des laridés. Il s'agit certainement du meilleur site en France pour l'observation du bécasseau falcinelle fin avril - début mai. Le goéland railleur y est commun durant la belle saison. Attention, en été, la plage d'Arles est envahie par les touristes.

11 - Les marais du Vigueirat et de Ligagneau sont une vaste zone de marais (souvent de chasse) située à l'est du Rhône, entre la Camargue et la Crau. Ces plans d'eau attirent une foule d'oiseaux d'eau et de nombreux ardéidés. Ce site est d'une très grande importance pour la nidification de la locustelle luscinioïde et du blongios nain. L'accès à la partie en réserve nécessite une autorisation.

12 - La Crau mériterait un chapitre à elle seule. Cet ancien delta de la Durance est le dernier désert français et les espèces qu'il abrite sont toutes exceptionnelles. La Crau est bien évidemment un site Natura 2000. Son accès est par contre plus délicat et il n'est pas toujours évident d'observer correctement les oiseaux à cause de l'immensité et de l'uniformité des lieux. Mieux vaut vous renseigner au préalable à l'Écomusée de la Crau qui se trouve à St-Martin-de-Crau. Ls sites accessibles se trouvent au nord près de St-Martin ou à l'est au sud d'Entressen. L'espèce phare est bien entendu le farouche ganga cata qui ne vit en France qu'en Crau mais d'autres comme le faucon crécerellette (présent de la mi-avril à juillet), l'alouette calandre et l'outarde canepetière méritent le détour. La pie-grièche méridionale y est régulière alors que la pie-grièche à poitrine rose ne s'y reproduit plus que très irrégulièrement. Parmi les espèces plus communes, on notera le rollier d'Europe, l'alouette calandrelle, la pie-grièche à tête rousse, la chevêche d'Athéna et l'oedicnème criard. Le vautour percnoptère et le circaète Jean-le-Blanc y font de régulières incursions en provenance des Alpilles. Le pipit de Richard, quoique très rare, est devenu depuis plusieurs années un hivernant régulier.

13 - Les Alpilles et le belvédère de La Caume sont une petite chaîne montagneuse et calcaire située au nord de la Crau et de la Camargue. Le meilleur point de vue est offert depuis le belvédère de La Caume mais le village des Baux-de-Provence est également intéressant (merle bleu notamment). Les espèces visibles sont essentiellement les rapaces méditerranéens (aigle de Bonelli, vautour percnoptère, circaète Jean-le-Blanc, grand-duc, petit-duc scops) mais aussi le martinet alpin et l'hirondelle de rochers ainsi que les monticoles bleu et de roche et, en hiver, le tichodrome échelette, l'accenteur alpin et la niverolle alpine.


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