Le littoral de Languedoc-Roussillon s'étend sur 200 km environ entre la Camargue et la frontière espagnole. Cette région hautement touristique a vu son littoral fortement défiguré par les aménagements en tous genres, mais l'urbanisation y est cependant moins importante que sur la Côte d'Azur. En effet, il subsiste de nombreux sites naturels fortement intéressants pour les oiseaux et leur observation.
1 - Les étangs du Grec et du Prévost à Palavas-les-Flots sont deux étangs littoraux situés au nord-est et au sud-ouest de la commune et séparés de la mer par un cordon de dunes d'où il est facile d'observer à la fois côté étangs que côté mer. Ces deux étangs peu profonds sont très intéressants hors saison touristique et accueille de nombreux limicoles, laridés et sternidés ainsi que des troupes de flamants roses et d'aigrettes garzettes. Les canards et les foulques et grèbes y sont nombreux durant la mauvaise saison. L'étang du Grec est certainement un des meilleurs endroits de France pour l'observation de la sterne caspienne au printemps (avril-mai) et en fin d'été (août-septembre).
2 - L'étang de Vic-la-Gardiole est un étang typique du littoral méditerranéen qui accueille les espèces classiques de ces milieux comme le tadorne de Belon, l'aigrette garzette et le flamant rose. L'observation se fait depuis le village.
3 - L'étang du Bagnas est situé près de la commune d'Agde. Son accès est réglementé et se fait uniquement à partir d'un observatoire situé dans la partie ouest de l'étang. Ce site est remarquable en hiver pour le sationnement des oiseaux d'eau et en été pour la nidification des fauvettes aquatiques dont la plus représentative du site es la lusciniole à moustaches. Flamants roses, aigrettes garzettes, hérons pourprés, avocettes, échasses et tadornes de Belon sont communs sur ce plan d'eau et sur la station d'épuration voisine.
4 - La basse vallée de l'Aude est accessible soit par Fleury-d'Aude au Nord, soit par Narbonne-plage au sud. Cette petite vallée viticole en bord de mer est longue de quelques kilomètres seulement mais présente un très grand intérêt ornithologique. Il s'agit en effet d'un des deux sites en France où niche une petite colonie de la rarissime pie-grièche à poitrine rose. Il faut la rechercher entre mai et juillet sur les arbres et arbustes qui bordent les vignes. Cette vallée accueille de nombreux autres oiseaux fort intéressants comme le rollier d'Europe et le guêpier d'Europe que l'on peut voir sans trop de difficulté durant la belle saison.
5 - Les étangs de Pissevache sont composés de deux types de plans d'eau, un étang littoral souvent recouvert par la mer et des bassins de décantation fort mal odorants mais qui attirent un maximum d'oiseaux intéressants. Ce site est très intéressant pour les limicoles, les s laridés et les sternidés qui y stationnent en grand nombre. Les flamants roses y sont visibles toute l'année ainsi que d'autres oiseaux comme le tadorne de Belon, la lusciniole à moustaches et la panure à moustaches. Pissevache accueille régulièrement des oiseaux rares comme le chevalier stagnatile, le goéland railleur et le goéland d'Audouin. Pour s'y rendre, il faut prendre la route qui permet de joindre Narbonne-plage à Fleury-d'Aude par le littoral.
6 - La montagne de la Clape est un massif séparant Narbonne du littoral et de Narbonne-plage. La route qui joint ces deux villes traverse la partie sud-ouest de cette montagne de calcaire et donne un bel aperçu du paysage. Même si les oiseaux y sont relativement disséminés et d'observation assez difficile, ce site est intéressant à plus d'un titre. Tout d'abord pour l'aigle de Bonelli dont un couple se reproduit bon an -mal an dans le secteur. Son observation reste des plus aléatoires car ses terrains de chasse sont très vastes. La montagne de la Clape héberge d'autres espèces intéressantes comme le grand-duc, le monticole de roche, le monticole bleu et l'engoulevent.
7 - Gruissan et l'étang de Campignol représentent avec Leucate un des hauts lieux de l'ornithologie languedocienne car le Roc de Cornilhac, situé à l'ouest du village de Gruissan et au bord de l'étang de Campignol est depuis de nombreuses années un site privilégié pour l'observation de la migration postnuptiale. L'accueil se fait à son pied au local de la LPO Aude. D'août à octobre, ce sont des centaines de cigognes noires et blanches et des milliers de rapaces qui filent vers le sud en passant au-dessus de Gruissan. En dehors des périodes migratoires, les étangs du secteur et le littoral sont fort intéressants, aussi bien pour la nidification (héron pourpré, héron gardeboeufs, busard des roseaux, sterne naine, guifette moustac, guêpier d'Europe, alouette calandrelle, pipit rousseline, traquet oreillard, fauvette mélanocéphale, lusciniole à moustaches, panure à moustaches,...) que pour l'hivernage (milliers de canards et foulques). Parmi les espèces rares assez régulières, Gruissan accueille le goéland railleur (au passage), l'aigle criard (en hivernage) et le faucon d'Éléonore (en été).
8 - Leucate, les salins de Lapalme
et le Plat de la Gardie concentrent
au printemps une grande variété de sites ornithologiques en un
minimum d'espace. Leucate, et tout particulièrement son plateau et sa
falaise, est un des meilleurs sites français pour l'observation de la
migration printanière des passereaux. Des dizaines de milliers d'hirondelles,
de martinets, de fauvettes et de fringilles survolent la falaise de Leucate
après avoir longé le littoral depuis la frontière espagnole.
Début mai, ce sont les bondrées qui arrivent par centaines, pressées
de retrouver leurs sites de nidification plus au nord. Lorsque le temps ne se
prête pas à la migration, la découverte du plateau de Leucate
s'impose car il recèle plusieurs espèces d'oiseaux nicheurs typiques
du littoral méditerranéen comme le coucou-geai, le traquet oreillard,
le monticole bleu (sur la falaise), les fauvettes mélanocéphale,
pitchou, passerinette, orphée et surtout à lunettes.
Situés au nord du plateau de Leucate, les salins de Lapalme accueillent
également de nombreux oiseaux nicheurs ou migrateurs. L'accès
se fait par le nord par Lapalme pour les salins proprement dit ou par le sud
pour visiter la station d'épuration des Coussoules. Ici nichent le gravelot
à collier interrompu, le tadorne de Belon, l'échasse blanche et
l'aigrette garzette. Parmi les migrateurs, il faut rechercher les limicoles
et notamment le chevalier stagnatile, le pipit à gorge rousse (assez
commun dans les salicornes fin avril - début mai), les marouettes ponctuée
et parfois poussin (aux Coussoules) ainsi que des oiseaux bien plus rares comme
la bergeronnette citrine.
Le Plat de la Gardie enfin, est un plateau situé à l'intérieur
des terres au niveau du village de Feuilla, au pied des Corbières. Ce
site est d'un grand intérêt pour la reproduction d'un des passereaux
les plus rares de France : le cochevis de Thékla. Le circaète
Jean-le-Blanc et l'aigle de Bonelli y sont d'observation régulière.
Mais, entre mars et mai, lorsque le vent vient de la mer, il fut s'y rendre
pour observer la migration des rapaces qui utilisent ce couloir entre la mer
et les Corbières.
9 - L'étang de Canet est désormais un site ornithologique réputé car il s'agit du seul site français où la reproduction de la talève sultane est régulière. Hormis l'accueil situé en front de mer au milieu de la route bordant l'étang côté littoral qui offre de superbes points de vue sur l'étang grâce à la présence de plusieurs observatoires, il faut se rendre au sud du plan d'eau, garer sa voiture sur le parking du front de mer et se diriger vers les roselières situées en bordure du terrain de golf en longeant celui-ci sans évidemment déranger les golfeurs. En s'installant discrètement au bord de l'étang, vous ne tarderez pas à découvrir une ou plusieurs talèves sultanes qui viendront se risquer à la limite des roseaux.
10 - L'étang de Capestang est un vaste plan d'eau bien souvent asséché. Les vastes roselières qui le composent abritent de très nombreux oiseaux mais leur observation est en tous points très difficile car il n'existe pas de point de vue excellent sur l'ensemble du site. Ici niche le rollier et le guêpier d'Europe, la panure et la lusciniole à moustaches, le héron pourpré, le grand butor et bien d'autres oiseaux des zones humides méditerranéennes.
11 - Le Minervois constitue l'arrière-pays au nord-ouest de Narbonne, avant les contreforts de la Montagne noire. Les environs de Minerve accueille une avifaune à tendance fortement méditerranéenne qui occupe les gorges encaissées et les plateaux de garrigue et du maquis qui caractérisent cette région méconnue mais exceptionnelle au niveau ornithologique. Dans les falaises des gorges situées aux entrées de Minerve nichent les hirondelles rousselines et de rochers, le martinet alpin, le monticole bleu, le grand corbeau, le faucon pèlerin, l'aigle royal et le grand-duc qui est «abondant», alors que dans le fond boisé où les rivières sont à sec en été se reproduisent les fauvettes mélanocéphale, passerinette et orphée et le pouillot de Bonelli. Le tichodrome est régulier sur les parois rocheuses en hiver. Les plateaux qui les surplombent sont le domaine du busard cendré, du circaète Jean-le-Blanc, des pies-grièches méridionale et à tête rousse, des bruants zizi et ortolan, du pipit rousseline, du traquet oreillard, de la perdrix rouge et du moineau soulcie. Le passereau nicheur le plus commun y est étonnament le rossignol philomèle alors que le petit-duc est en forte diminution dans les villages. Parmi les oiseaux rares, on notera simplement l'observation assez régulière du faucon d'Éléonore.
12 - Les Albères forment le massif montagneux qui plonge dans la mer à la frontière franco-espagnole. Certaines espèces rares en France y nichent comme le cochevis de Thékla et le traquet rieur qui semble malheureusement éteint. Le martinet pâle est commun dans les villages du littoral ainsi que le monticole bleu sur les falaises en bord de mer.
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