L'Île d'Ouessant ****

Accessible par bateau (liaisons régulières depuis Brest ou Le Conquet) ou par avion, l'île d'Ouessant est soudainement envahie à l'automne par des dizaines d'ornithologues qui sillonnent l'île en tous sens à vélo. En effet, les véhicules à moteur sont rares et la location de vélos (dès votre arrivée au port du Stiff) est le meilleur moyen de locomotion sur ce bout de terre qui est loin d'être plat. L'hébergement se fait à la station ornithologique ou éventuellement à Lampaul qui est le seul bourg de l'île où vous trouverez de quoi vous approvisionner en nourriture (il y a même un restaurant pour fêter les nouvelles coches :-). Les sites à passereaux sont des petits vallons humides qui nécessitent souvent le port des bottes (les chaussures de marche "imperméables" étant parfois limite). Lors de la préparation de votre voyage, n'oubliez pas que vous allez vous déplacer en vélo (en bottes) avec la plupart du temps votre longue-vue et son encombrant trépied, votre paire de jumelles et un sac avec un casse-croûte et un guide d'identification.

Côté oiseaux, même si Ouessant héberge quelques colonies d'oiseaux marins (dont quelques couples de macareux moine, de fulmar boréal et de mouettes tridactyles) et des espèces toujours intéressantes comme la fauvette pitchou, le pipit maritime, le crave à bec rouge et le grand corbeau, l'intérêt de cette île est son étonnant pouvoir attractif sur les oiseaux migrateurs en automne qui s'explique par le fait qu'elle est un cul-de-sac avant l'Océan atlantique. De très nombreux oiseaux communs viennent y faire une halte en grands nombres (étourneau sansonnet, grive mauvis, pouillots véloce et fitis, pinson des arbres, alouette des champs, pipit farlouse, roitelets huppé et triple-bandeau, gobemouches noir et gris, ...) ou passent devant ses côtes (fou de Bassan, puffin fuligineux, fulmar boréal, labbes, alcidés,...) mais ce sont évidemment les oiseaux rares qui attirent les ornithologues.

L'intérêt est double, à la fois pour les oiseaux américains qui viennent s'échouer sur l'île après une traversée de l'Atlantique, et pour les oiseaux sibériens qui débarquent à Ouessant après avoir par erreur longé les côtes scandinaves et de la Manche au lieu d'aller tranquillement hiverner dans le sud de l'Asie.

Parmi les américains, Ouessant a pratiquement le monopole français des observations de passereaux (viréo à oeil rouge, paruline à collier,...) et plusieurs limicoles transatlantiques ont déjà été observés (pluvier bronzé, chevalier solitaire, bartramie à longue queue, chevalier grivelé, bécasseau semipalmé,...).

En ce qui concerne les sibériens (et les nordiques et les orientaux), les données sont plus nombreuses et concernent surtout les passereaux. Certainement plus de 95 % des observations françaises de pouillot à grands sourcils ont eu lieu à Ouessant où quelques dizaines d'oiseaux sont observés chaque automne. Parmi les autres classiques, on peut citer le bruant nain, le pipit de Richard, la fauvette épervière, le gobemouche nain, l'étourneau roselin, le roselin cramoisi et le pouillot de Pallas. Plus rares sont les pouillots brun, de Schwarz, de Hume, verdâtre et boréal, le pipit à dos olive, la pie-grièche isabelle, le bruant rustique et l'hirondelle rousseline.

 

1- Stang ar Stiff, ensemble de petits buissons situés le long de la route Lampaul - port du Stiff, est un des meilleurs endroits pour la recherche des passereaux insectivores car c'est un des premiers sites de l'île qu'ils visitent lorsqu'ils arrivent du nord-est.

2 - La pointe de Kadoran est également intéressante à visiter car c'est également, par sa situation géographique, un point d'arrivée des migrateurs qui descendent du nord-est de l'Europe. Mais, plus que l'observation des passereaux migrateurs, c'est la migration des oiseaux de mer qui est la plus intéressante. Dommage que ce site soit si éloigné du centre ornitho :-(

3 - La piste de l'aérodrome offre un terrain dégagé qui convient aux limicoles et aux passereaux qui affectionnent les étendues d'herbes rases comme le pluvier doré, le vanneau huppé, le pipit farlouse et l'alouette des champs. Des raretés comme le pipit de Richard, le pluvier guignard et le bécasseau rousset y ont déjà été observées.

4 - Le réservoir Saint-Michel constitue la réserve d'eau douce et donc le seul plan d'eau de l'île. Il attire les quelques canards et rallidés qui fréquentent Ouessant. Parmi les raretés, on citera le chevalier solitaire et le cormoran à aigrettes. Les buissons environnants sont à prospecter assidûment.

5 - Le vallon d'Arland, encore appelé vallon aux raretés, a comme inconvénient d'être situé à l'extrémité opposée de l'île par rapport à la station ornithologique. Mais son attrait pour les passereaux insectivores est tel que vous supporterez allégrement les quelques kilomètres à vélo parsemés de quelques côtes sympathiques pour aller observer les classiques pouillots à grands sourcils et gobemouches nains qui sont les raretés les plus régulières de ce site. D'autres pouillots sibériens plus rares y ont été notés. Park Raden, ensemble buissonneux situé à côté d'Arland, est également un haut lieu pour les passereaux sibériens.

6 - Stang Meur, situé au nord de l'île, est également un petit vallon humide très attractif pour les passereaux. Il est néanmoins moins facile d'accès (à l'intérieur des buissons) et offre donc moins de facilités pour l'observation des passereaux qu' Arland par exemple.

7 - Stang Korz est un petit vallon humide (bottes quasi-obligatoires) situé au sud de Lampaul et fort intéressant pour les passereaux insectivores.

8 - La pointe de Pern s'étend à l'ouest de la station ornithologique et offre une alternance de milieux buissonneux et de pelouses rases à la fois propices aux passereaux insectivores et aux passereaux et limicoles des milieux ouverts comme le pluvier doré et le pipit de Richard.

9 - Kun est un ensemble de buissons situés à côté de la station ornithologique est que vous inspecterez chaque matin à la recherche de passereaux insectivores comme le gobemouche noir et l'hypolaïs ictérine. La rare pie-grièche isabelle y a été observée.

10 - Le phare du Créac'h est intéressant pour les passereaux migrant la nuit et attirés par sa lumière. Les rochers littoraux situés à ses abords représentent le meilleur site pour l'observation de la migration des oiseaux marins.

11 - Yuzin et Aod Meur sont deux sites proches situés au nord de Lampaul sur la côte de l'ile. Les vastes pelouses rases acueillent le pipit de Richard en automne.


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